Devenir étudiant au Brésil

Pour obtenir le statut d’étudiant il faut avoir le précieux visa VITEM IV Étudiant… Et pour cela le papier clef est la lettre d’acceptation d’une université brésilienne.

En route vers l'école !

En route vers l’école !

Pour en arriver jusque là vous avez deux cas :

1. Vous partez dans le cadre d’un échange étudiant en L3 ou Master

Si vous en avez la possibilité c’est le moyen le plus sûr et le moins cher, surtout si vous ne parlez pas portugais. Il vous faudra être d’abord accepté par votre université comme étudiant « partant », puis être accepté par l’université brésilienne… Mais une fois passé la « sélection » dans votre université française vous avez son appui, et êtes ainsi quasi-certain d’être pris par la suite par l’université brésilienne.

Le grand avantage est que vous pourrez éventuellement accéder aux bourses régionales (vive la région Rhones-Alpes et la bourse Explo’ra), aux bourses Européenne si vous rentrez dans les critères (et si la crise s’arrête) et enfin la bourse du Crous (si vous êtes boursier)… A cela il faut ajouter d’autres programmes d’aides liés à la recherche ou propre à votre localité (Renseignez vous !).

Si votre année est reconnue comme « année internationale » vous aurez simplement le diplôme de votre université d’origine et une simple reconnaissance de l’université brésilienne (normal vous y passez seulement un an !)

2. Vous souhaitez partir « hors-échange »

Le Brésil vous picote les narines mais vous ne pouvez pas partir avec votre université ? Il vous reste une solution : prendre les devants !

Pour cela l’obstacle majeur reste de convaincre votre université de vous laisser partir : il vous sera demandé une lettre approuvant votre candidature. Une fois cela fait, il ne vous reste plus qu’à vous atteler aux lettres de motivations, CV, et autres pièces justificatives.

Petit bémol supplémentaire qui peut vite devenir un second obstacle, le certificat de connaissance en langue portugaise… En général il s’agit d’une feuille fournit par l’université et à faire remplir par un prof de portugais pour qu’il définisse et évalue votre niveau. Le test officiel de niveau de portugais s’appelle CELPE-Bras, mais à ma connaissance, aucune université ne l’exige pour l’instant (heureusement car il existe en France seulement trois centres d’examen pour le passer).

Avant de vous lancer dans l’aventure prenez un temps pour faire votre budget : les frais d’inscriptions des universités privées peuvent être élevés… Certains ne choisissent qu’un seul cours pour obtenir un visa tout en limitant le coûts des études, mais si vous espérez faire un cursus complet, tablez dans les 1600 reais par mois (≈600€). Chiffre indicatif qui varie (énormément) selon les universités et les cursus.

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Dans tout les cas, prenez vous y bien à l’avance pour avoir le temps d’obtenir votre visa vitem IV avant le début des cours : fin juillet pour le second semestre brésilien, février pour le premier.

Ps : Évidemment la photo est un fake humoristique…

Les 10 commandements pour être un bon étudiant brésilien

1. Avant d’entrer dans la salle, un café tu boiras

Un jour, j’ai fait l’erreur d’arriver à l’heure en cours, et me suis retrouvée seule dans la salle à attendre les élèves ET le prof. Morale de l’histoire : Je vais chaque matin prendre un café avant de monter en cours 🙂

2. De ton écriture des cahiers d’écoliers, tu rempliras

Pauvre de moi qui avait abandonnée (avec joie !) les cahiers depuis le collège pour privilégier le trieur au lycée avant d’opter pour la saisie sur ordinateur à la fac. C’est le grand retour des cahiers d’école !

Comme je n’ai jamais été capable d’en tenir un correctement, j’ai fait désespérément toutes les librairies qui ont croisé mon chemin pour trouver un classeur… Échec.

Je me suis donc résignée à acheter des feuilles blanches d’imprimantes, une pochette pour transporter les-dits précieuses feuilles et une boite en plastique pour archiver mes cours ! Adaptabilité on a dit !

3. Pour prendre en note un stylo bille, tu utiliseras

Surprise ! Pas de cartouches à encre dans les librairies pour mon Waterman chéri… Pour l’instant j’ai abdiqué, mais patience, je trouverais…

4. En fin de semaine, la rue tu envahiras

Les jeudis et vendredis selon les universités — parfois tout le temps — les étudiants se retrouvent en masse de manière informelle sur le campus pour l’USP ou dans la rue pour les universités privées. Les bars, camions ou associations vendent des bières à tout va et les voitures évitent précautionneusement les itinéraires qui passent près des facultés.

5. Un pull de ton université, tu arboreras

Le traditionnel pull affichant fièrement le logo de l’université et la discipline étudiée fait rage au Brésil !

6. Entre 30 et 40 par classe, tu seras

Adieu les amphis sur-bondés et les conférences ennuyeuses. Ici l’interactivité entre le professeur et les élèves est mise au premier plan. Nous sommes ainsi dans des salles de classes type lycée et nous faisons des activités variées, comme des lectures ou des exercices.

7. Étudier le matin, l’après-midi ou le soir, tu choisiras

Le jour est divisé en trois périodes : Le matin (7h30-12h); l’après-midi (14h-19h) et le soir (19h-23h). Les étudiants peuvent donc étudier pendant l’une des périodes, faire un stage durant l’autre et dormir pendant la troisième (blague).

Cela dépend des disciplines mais rare sont celle en « integral » c’est à dire tout au long de la journée. Pour ma part j’ai seulement cours le matin.

8. Pour te former un estagio, tu feras

Les entreprises travaillent ici main dans la main avec les universités, tout est fait pour permettre aux étudiants de trouver facilement un stage. Quand j’ai dit à Ingrid (toujours et encore une de mes colocataire) qu’en France nous n’en faisions généralement pas en licence, elle a été très surprise et m’a répondu (non elle ne parle pas français) :

« Mais comment vous faites alors pour appliquer ce que vous apprenez en cours ? »

That’s the point ! Une réponse Mme Fioraso ?

9. Le Capital de Marx, tu étudieras

J’étais venue aussi pour obtenir un enseignement différent que la pensée néo-classique (presque) nationalement inculquée dans le domaine de l’économie… J’ai pas été déçue !

Cela dépend des universités mais la PUC particulièrement est composée d’une majorité de professeur à tendance Marxiste ou Keynésianiste.

D’après mes camarades d’université, en économie, L’USP se cherche encore et Mackenzie est la plus libérale (Ils l’ont au passage traité de collabo lors de la guerre)

10. Pour préserver une bonne ambiance de classe, des churrasco tu feras

Les soirées populaires ici se nomment churrasco (voir le néologisme churrascool) : Barbecue (la viande brésilienne est fameuse) accompagné de caipirinha et de bière.

😉