São Paulo, une ville dangereuse ?

On entend beaucoup de choses à la télévision, qu’elle soit française ou brésilienne, qui alimentent notre imagination et nos peurs xénophobes. Le Brésil a par exemple été cité par le Huffington post comme l’un des 10 pays les plus dangereux pour les touristes, aux côtés de l’Irak et du Soudan. Mais est-ce réellement dangereux de vivre à São Paulo ?

homicides bresil

La carte interactive se trouve sur le Guardian.

Un récent reportage de ISTOÉ* aborde le délicat sujet de la sécurité à São Paulo, dénonçant la « guerre silencieuse » qui sévit en périphérie, guerre hautement mortelle : En octobre 2012, 145 personnes ont été tuées (dont beaucoup de policiers), ce qui représente une augmentation de 86% par rapport au même mois de l’année précédente. En guise de comparaison, la ville mexicaine Ciudad Juarez, tristement célèbre pour être la plus violente au monde a recensé en moyenne 64,5 assassinats par mois entre janvier et septembre. Ces chiffres sont avant tout conjoncturels et s’expliquent par la pacification des favelas mis en oeuvre par la police militaire (PM pour les intimes). Cela est bien avancé à Rio avec un peu moins de dommages collatéraux et plus de succès.

Drogue, corruption, extrême pauvreté et inégalités, il n’est pas étonnant que dans une ville si contrastée que São Paulo — où les taxis-hélicoptères survolent des SDF affamés — les statistiques flambent. Mais si les crimes et agressions sont élevés leurs motifs prennent rarement racine dans le culte de la violence elle-même ou une folie adolescente engendrée par l’utilisation abusive de jeux vidéos ultra-violents.

Il faut relativiser ce portrait en ajoutant que les touristes lambdas et autres gringos de passage, ne sont pas concernés par le taux élevé de mortalité suscité. En effet, les régions les plus pauvres sont en périphérie de São Paulo (Grande São Paulo), et sa taille tantaculesque protège un peu le centre ville de cette criminalité. Cela est moins vrai à Rio où les favelas sont à deux pas des grands centres touristiques (tels Ipanema, Copacabana) et où il faut rester particulièrement attentif en tant que gringo.

Ainsi vivant depuis 6 mois à São Paulo — et malgré mon fort accent français et ma curiosité infinie — ces statistiques trouvent très peu d’ancrage dans ma réalité quotidienne. Certes on a tous déjà vu des bâtiments encerclés, ou des arrestations un peu musclées mais pas plus que ce que j’avais pu observer à Grenoble.

Donc jusqu’à maintenant— je touche du bois — je n’ai jamais été agressée d’aucune manière. Le soir, je prends des taxis (officiels) et en journée je me contente de charrier le nécessaire. Je ne sors pas mon argent de manière évidente, je ne promène pas avec mon passeport ou portable à la main et lorsque je suis seule à la nuit tombée je marche rapidement, évitant rues mal éclairées et contacts visuels avec des individus non identifiés. Je me suis tout de même fait « cloner » ma carte bancaire mais je pense que cela arrive tout aussi facilement en France (ou sur internet).

Tout ceci fait l’objet d’un apprentissage, et les brésiliens sont prodigues en conseils. Souvent alors que j’étais innocemment assise dans quelconque bar ou lanchonete, mon sac à main négligemment posé sur le sol, des clients ou passants m’ont conseillé avec un air entendu de l’éloigner de la rue pour le placer plutôt sur un siège voisin. De même on apprend à évaluer la luminosité de la rue et à changer de trottoir au moment opportun.

Lors d’une agression, en général, il vous suffit de coopérer et de vous lester de vos biens matériels pour pouvoir rentrer chez vous, démuni et tremblant, mais sain et sauf.

En résumé si les vols existent et si les chiffres sont élevés, la vie au quotidien est tout à fait tranquille tant que l’on évite les lieux mal famés à la tombée de la nuit et que l’on fait un minimum attention à ne pas animer les convoitises. En tout cas, si vous venez d’arriver au Brésil n’hésitez pas à demander aux habitants quels sont les endroits à éviter !

Pour ceux qui veulent des informations plus détaillées n’hésitez pas à consulter ce rapport de l’UNHCR.

N’ayez crainte, le Brésil en vaut la chandelle !

* ISTOÉ = littéralement « cela est », c’est une revue brésilienne pro-démocratique et combative, créée lors de la dictature militaire de 70

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